POLARMOIST™ : ce que révèle la caractérisation par le CERIB
- 10 février 2026
- Envoyé par : Emelyne CHEVALIER--SEURE
- Catégorie: Industrie du béton
Quand une solution de mesure d’humidité vise une intégration en production, la question de la fiabilité métrologique devient centrale : précision, répétabilité, sensibilité aux conditions réelles (distance, angle, lumière, température). Dans ce contexte, une campagne d’essais a été réalisée au CERIB pour évaluer les performances du capteur infrarouge (IR) POLARMOIST™ et confronter ses mesures à des mesures “réelles” de référence, afin d’objectiver les marges d’erreur et les facteurs d’influence.
Contexte des essais : échantillons, méthode et cadre de mesure
La campagne se déroule en laboratoire à ambiance régulée (21 °C ± 2 °C), sur un échantillonnage de cinq granulats d’origines et de natures différentes (G1 à G5) : calcaire, alluvionnaire, siliceux, quartz et mixte.

La démarche s’appuie sur un principe simple et opérationnel : une droite d’étalonnage établie à partir de deux points pour chaque granulat, puis une série de mesures réalisées avec le capteur dans la configuration définie.
Le capteur se positionne au-dessus de l’échantillon, avec deux paramètres géométriques structurants :
- B : distance capteur–surface,
- θ : angle de mesure (θ = 0° correspondant à une mesure à la verticale).
Plusieurs conditions d’usage sont ensuite testées : distance, angle, température de l’échantillon et ambiance lumineuse.
Résultats : tendances observées sur les cinq granulats
Les essais mettent en évidence des comportements de mesure qui dépendent du granulat et de l’étalonnage associé.
- G1 : tendance à sous-estimer l’humidité relative « réelle » de 9 à 19 % selon la valeur mesurée ; des corrections logicielles sont évoquées par le fabricant pour réduire l’écart.
- G2 : tendance à sous-estimer de 0 à 17 % selon la valeur mesurée ; corrections logicielles également mentionnées côté fabricant.
- G3 : tendance à sous-estimer de 5 à 11 % selon la valeur mesurée ; corrections logicielles mentionnées.
- G4 et G5 : tendance à sur-estimer davantage, avec la même logique : corrections possibles via logiciel selon le fabricant.
À l’échelle de l’ensemble des points, le rapport propose un récapitulatif graphique reliant humidité « réelle » et humidité mesurée, utile pour visualiser la dispersion par granulat.

Facteurs d’influence : ce que la campagne met en évidence
Angle et distance : les deux paramètres les plus structurants
La campagne observe qu’une augmentation de la distance et/ou de l’angle tend à augmenter la mesure d’humidité relative réalisée par la sonde ; en conséquence, tout changement de position (angle/distance) rend une nouvelle calibration nécessaire.
Des tableaux illustrent ces effets, par exemple : variation mesurée avec la distance sur G4, ou variation avec l’angle sur G1.
Ambiance lumineuse : impact mesurable, à cadrer
Les mesures montrent une variation de l’humidité mesurée selon l’ambiance lumineuse (exemples reportés avec UV, TL84, D65, et un cas de saturation). La recommandation opérationnelle associée : réguler l’ambiance lumineuse de la zone de mesure et établir une courbe d’étalonnage adaptée au contexte.
Température : effet jugé non significatif dans la plage testée
Dans la plage observée (21 °C à 125 °C), le rapport constate une variation minime : une variation de l’ordre de 0,1 % d’humidité relative pour ~50 °C, et qualifie cette variation de non significative pour l’usage visé sur granulats en bétons usuels.
Vitesse d’acquisition et répétabilité : un point fort mis en avant
Le rapport souligne une acquisition très rapide (de l’ordre de 5 à 8 points par seconde) et conclut, dans les conditions de laboratoire et sur les granulats testés, à une répétabilité jugée “plus qu’acceptable”. L’aspect sans contact est présenté comme facilitant la mesure et l’entretien.
Implications industrielles : conditions de succès, sans promesse excessive
Dans une configuration industrielle où l’angle et la distance restent fixes et où la luminosité demeure stable, une calibration correctement réalisée sur la fourchette d’hygrométrie usuelle rend l’outil efficace, y compris avec des variations de température évoquées entre 1 °C et 30 °C.
Le point clé ressortant de la caractérisation : la performance dépend fortement de la maîtrise des conditions de mesure et de la discipline d’étalonnage (notamment après tout changement d’angle/distance, et en cas de variation de luminosité).
Mention de source et précautions de publication
Cette synthèse s’appuie sur le rapport d’essai CERIB n°054959, édité le 22/12/2025. Le rapport rappelle que ses résultats portent sur l’échantillon reçu et testé.

























