Pulvérisation ULV Mantis et BSC : optimiser l’application des agents de démoulage en préfabrication et sur chantier
- 10 mars 2026
- Envoyé par : Emelyne CHEVALIER--SEURE
- Catégorie: Industrie du béton
Dans les usines de béton préfabriqué comme sur les chantiers de gros œuvre, deux enjeux reviennent souvent : réduire la consommation d’agent de démoulage et garantir une application homogène, sans excédent. La technique Mantis ULV® (Ultra Low Volume), distribuée sur le territoire francophone par BSC – Béton Stone Consulting, se positionne précisément sur ces objectifs, avec des économies annoncées jusqu’à 75 % selon les configurations.
Pourquoi l’excès d’huile de décoffrage pénalise la qualité de surface ?
Une application trop généreuse peut se traduire en défauts visibles et en non-conformités. Un retour d’usage publié en 2013 mentionne des rives de prédalles « légèrement ou fortement bullées » en méthode traditionnelle, en lien avec un surplus d’huile de démoulage. À l’inverse, ce même document associé à un comparatif entre méthode traditionnelle et à l’utilisation du pistolet de pulvérisation MANTIS ULV met en avant un démoulage facilité et une texture superficielle de qualité, obtenus avec une quantité minimale d’agent démoulant.
Nota : quand l’application devient plus standardisée et mieux maîtrisée, les surépaisseurs locales ont moins de chances de générer bullage, variations de teinte ou accroches.

ULV : « Ultra Low Volume », un épandage très bas piloté par l’atomisation
L’ULV (« Ultra Low Volume ») vise un volume d’épandage particulièrement faible tout en conservant l’effet attendu sur les moules. Sur le plan technique, la documentation BSC & Mantis décrit plusieurs caractéristiques clés :
- un spectre de microgouttelettes annoncé autour de 35 à 45 microns, associé au couple dosage ULV + buses rotatives ;
- une capacité annoncée d’environ 30 millions de gouttelettes à partir d’un millilitre (buse industrielle type BL) ;
- une pulvérisation annoncée « sans pression », basée sur la force centrifuge et un disque de buse (fragmentation mécanique) pour un dépôt uniforme.
Cette approche cherche à mieux contrôler le film appliqué : moins d’excès, davantage de régularité, et donc une meilleure stabilité de finition lorsque le réglage et la préparation restent maîtrisés.
Réduction de consommation jusqu’à 75 %
Des économies jusqu’à 75 % d’agents anti-adhérents sont possible, en fonction d’une variabilité des résultats selon la préparation, le réglage, le contexte et l’intégration.
Des références d’usage citées illustrent cette logique :
- Cordeel Zetel Temse N.V. associe une application « uniforme » avec le BEMA et une réduction pouvant atteindre jusqu’à 75 % à un gain de confort, de vitesse de travail, et à une surface décrite comme « lisse et propre ».
- Ragano GmbH & Co KG décrit une installation automatique, quatre buses, avec une consommation ramenée à 1/3 par rapport à une technologie antérieure.
Nota : le calibrage et le contrôle du débit selon la préparation utilisée est très importante, ce qui replace l’économie dans une logique de réglage et de stabilité de process.

Intégration en ligne : modularité, automatisation et architectures possibles

Les conceptions modulaires de Mantis sont intégrables à de nombreuses chaînes de production. Les cas d’usage cités pour le béton préfabriqué couvrent notamment :
- l’application sur grandes superficies : voies, plafonds et murs ;
- les moules plats en procédé Wet Cast, quand la qualité de surface visible devient prioritaire ;
- l’huilage de voussoirs par l’intermédiaire de l’adaptation d’une buse sur robot 3 axes : la station robotisée, le nettoyage & l’huilage.
Deux configurations ressortent côté architecture d’équipement :
- Système autonome : pompe péristaltique & unité de commande dédiée, jusqu’à quatre buses, avec le suivi du débit instantané et du volume épandu.
- Système intégré : pompe à six pistons sans unité de commande propre, conçue pour intégration dans une commande centrale, avec une pompe séparée par la buse.
Côté implantation, les montages fixes au-dessus d’un convoyeur, sur portique, sur châssis mobile, ou par l’adaptation sur robot 2 ou 3 axes.
Solutions portatives : BEMA et pulvérisation ULV
Pour les environnements où la mobilité prime, les appareils portatifs BEMA sont présentés comme adaptés à un usage flexible, avec la buse ULV rotative orientable, y compris pour des zones de coffrage vertical.
Les caractéristiques du BEMA 1000/1000K :
- diamètre de pulvérisation annoncé : 80 cm ;
- autonomie annoncée : environ 5 heures en continu ;
- bruit annoncé : inférieur à 60 dB(A) ;
- une brume est formée au niveau du support avec l’objectif de limiter l’expansion de la brume dans l’environnement de la personne opératrice et ainsi la protéger du produit dispersé.
Des variantes d’alimentation sont distinguées :
- version simple par gravité pour huilages horizontaux ;
- version avec pompe, jugée plus adaptée aux surfaces verticales, notamment en gros œuvre.
Retour chiffré (2013) : BEMA 1000 vs méthode « traditionnelle »
Le rapport de 2013 compare une méthode classique (pulvérisateur + passage à la raclette) et l’usage d’un BEMA 1000 sur une piste complète :
- temps d’huilage comparable : 15 à 25 minutes ;
- consommation : ≈ 2,5 L avec BEMA 1000 versus ≈ 6 L en méthode traditionnelle ;
- suppression du passage à la raclette (dans ce protocole) et suppression du passage d’un chiffon par une seconde personne (dans ce protocole).
Sur le plan qualitatif, le BEMA 1000 a une absence de perte en bout de piste, une absence de surplus dans les angles de rives, les rives sont propres et sans bullage. Des éléments à prendre en compte sont également mentionnés : la pulvérisation est très fine et volatile lorsque le processus se déroule dans les courants d’air, ce qui nécessite une application étroite. L’application est donc considérée comme « un peu juste » sur certaines parties verticales des rives.
Sécurité, maintenance, conformité : le triptyque qui sécurise le résultat
Les règles d’exploitation structurantes doivent être rappelées : le nettoyage régulier après usage, le respect des consignes liées aux produits pulvérisés, et éviter le nettoyage au jet haute pression, explicitement déconseillé.
Pour la maîtrise de l’exposition et des pertes, la recommandation vise à positionner la tête de pulvérisation au plus près du support, afin de limiter la brume et la dispersion.
Enfin, la dimension conformité est mentionnée via des déclarations de conformité CE au sens de la directive 2006/42/EG.
Bénéfices opérationnels mis en avant : productivité, propreté, qualité
En résumé, le dossier technique prévoit plusieurs résultats attendus pour l’adaptation du système de pulvérisation Mantis, qu’elle soit manuelle ou automatique :
- réduction des consommations d’agents démoulants (jusqu’à ± 75 % selon contexte) ;
- réduction des temps de préparation des moules avant coulage (suppression de certaines étapes de raclette/chiffon selon organisation) ;
- réduction de la pollution du poste de travail ;
- diminution des non-conformités : bullage, effritement des angles, variations de teinte sur faces vues, fragilisation des peaux de béton, etc.
La logique économique associée se lit à deux niveaux : coût matière (agent de démoulage) et coût qualité (rebuts, retouches, temps de nettoyage).
La pulvérisation ULV remplace-t-elle tous les modes d’application ?
Le choix dépend du contexte (type de moules, surfaces verticales, contraintes d’air, intégration process). Des usages en ligne automatisée et en solution portative sont avérés.
Quel niveau d’économie peut être attendu ?
Des économies jusqu’à 75 % sont annoncées selon configuration, avec des exemples allant jusqu’à une consommation ramenée à 1/3 dans une référence. Cela reste dépendant du réglage et du contrôle de débit.
Quels points de vigilance reviennent le plus souvent ?
La sensibilité aux courants d’air due à sa pulvérisation très fine, et une application parfois plus délicate sur certaines zones verticales, selon les réglages et pratiques, peuvent être un point de vigilance à prendre en considération.

